Catherine Sébastien, est un artisan chaumier normand passionné par les métiers traditionnels et la préservation du patrimoine rural. Issu d’une famille de chaumiers, il grandit très tôt dans l’univers du chaume auprès de son père, Michel Catherine. Dès l’âge de deux ans et demi, il accompagne son père sur les toitures, découvrant déjà le métier depuis le faîtage dans les bras de celui-ci.
À l’âge de sept ans, il commence à participer aux chantiers en aidant au nettoyage et à l’entretien des lieux de travail. Entre sept et quatorze ans, il suit régulièrement son père sur les chantiers pendant les week-ends et les vacances scolaires, développant progressivement sa connaissance du métier et son attachement au travail artisanal.
De quatorze à seize ans, il devient pré-apprenti au collège du Roumois de Routot (27350) tout en poursuivant sa formation dans l’entreprise familiale. De seize à dix-huit ans, il effectue son apprentissage de chaumier auprès de son père avant d’accomplir son service militaire entre dix-huit et dix-neuf ans.
À son retour, il poursuit sa formation auprès de Luc Degrave et Jean-Claude Sery, considérés comme des maîtres chaumiers de la région normande et eux-mêmes formateurs de son père. Cette expérience lui permet d’acquérir des techniques traditionnelles de pose, d’entretien et surtout de remaniage des couvertures en chaume, une méthode visant à préserver et restaurer les toitures existantes plutôt qu’à remplacer entièrement le chaume.
Par la suite, il travaille auprès de Alain Fauvel, qui l’envoie en Bretagne afin d’y transmettre son savoir-faire et ses différentes techniques de travail aux artisans locaux. Grâce à l’enseignement reçu de ses maîtres, Catherine Sébastien développe une grande maîtrise des matériaux naturels et des techniques traditionnelles, notamment la réalisation de faîtages à la Normande composés de terre, de foin, d’iris, de sédums et de choux, ainsi que des faîtières en terre cuite.
Au cours de sa carrière, il parcourt une grande partie de la France pour travailler sur des projets de couverture en chaume, intervenant sur des demeures de prestige, des propriétés rurales et des monuments historiques. Parmi ses réalisations figurent notamment un manoir à Pithiviers appartenant à un grand chef d’orchestre, une maison de 984 m² en Seine-et-Marne, ainsi qu’un château (Charreterie, four à pain, étable, grange de stockage, maison d'habitations et l'atelier) sur une superficie de dix hectares dans l’Eure. Il participe également à la restauration de maisons, garages, fours à pain, pressoirs, charreteries, granges et laiteries traditionnelles.
Il quitte ensuite temporairement la Normandie pour rejoindre l’Auvergne chez le pionnier de la dialyse rénale décédé en 2018. Responsable d’une ferme autonome pendant près de dix ans, il y élève des chèvres avec sa femme et son fils, produit fromages, yaourts et miel, tout en assurant l’entretien de quatre-vingts hectares de terres. Malgré cette nouvelle vie, il continue de revenir régulièrement en Normandie ainsi qu'une partie de la France pour travailler le roseau et exercer son métier de chaumier, auquel il reste profondément attaché.
Toujours à son compte afin de défendre une vision plus traditionnelle du métier, centrée sur le remaniage et la sauvegarde des couvertures en chaume anciennes. Soucieux de transmettre les connaissances qui lui ont été léguées par les plus grands chaumiers normands, il entreprend également de former un jeune artisan de vingt-trois ans en qui il place toute sa confiance, perpétuant ainsi la transmission d’un savoir-faire ancestral.
